La fin des vacances... Encore une fin. La rentrée arrive et à vrai dire, ça me déprime. Mes vacances ont été sympathiques mais banales. Oui, encore.
Dernier jour de vacances à pouvoir profiter du soleil à l'endroit et aux moments que l'on veut. Et Oui mais malheureusement, il pleut ! C'est triste, oui, comme une fin...
La journée passa vite malgré ce mal de tête incessant.
Après une douche bien froide pour me remettre sur pieds, j'allais mieux mais la douleur de ma tête ne cessait pas. J'allais préparer mon sac pour le lendemain, une pochette et quelques feuilles, c'était bien suffisant pour une rentrée, je mis ma trousse et j'allais me coucher. J'étais fatiguée et puis je me sentais mal. Je m'endormis vite mais mon sommeil était tout sauf reposant. Il était perturbé par des cauchemars et des rêves flous et complètement irréels. Je dormais mal depuis plusieurs mois déjà. Mes rêves et cauchemars, je croyais les vivre, je ressentais la douleur et les vivaient, comme si ils étaient une seconde vie. Toujours les mêmes personnes. Toujours... Cet homme de 40 ans qui s'approche de moi vêtu de blanc et qui s'accapare mon esprit et me torture, il me contrôle et puis tout à coup, Bip, Bip, Biip, Biiiiiiiiiiip.
Oh Non ! Mon réveil sonne, quelle nuit... Aller, un peu de courage, je me lève, me prépare et m'habille, jean noir, chemise et des ballerines blanches. J'étais banale, d'ailleurs c'est comme ça que l'on me surnommais "la banale". A moitié endormie et encore pensive je devais y aller. Le lycée étant à 15minutes à pieds, il fallait que j'y aille, mes parents dormaient, tant pis.
Ma musique dans les oreilles, j'avançais sans grande conviction et enthousiasme. Et puis ironie du sort, il fait beau ! Comme je chantais Claude François : "C'est quand on est derrière des barreaux, que l'on travaille que le ciel est beau". En arrivant au lycée, le même que l'année dernière, évidemment. Sur l'immense porte grise en fer, je vis la même banderole que l'année précédente : "Le lycée Enden vous souhaite une bonne année scolaire". Yahou, super encore une année ennuyante, ouais. Ce lycée n'accueillant qu'une classe de première S, je montais devant la salle indiquée dans la cours pour celle-ci. 205. Cool, une salle jaune et vieille, délavée avec une odeur de renfermé...
Elodie arriva, joyeuse comme à son habitude, elle était petite mais sa bonne humeur, elle était immense.
- Ma chériiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie, tu m'as trop manqué ! Hurla-t-elle dans les couloirs en me courant dessus.
- Toi aussi, tu m'as manqué. Lui répondis-je.
- Toujours aussi enthousiaste hein ? plaisanta-t-elle.
- Et oui, toujours ricanai-je.
Les minutes passèrent et c'était bon de retrouver une amie tel qu'Elodie. Toujours la patate et le sourire aux lèvres. On parlait, rigolait. Mais à un moment dans le couloir, mes yeux se fixèrent sur 3 personnes en particulier. Ma couleur de peau habituellement halée tourna au blanc,au gris, puis au vert. Ma tête me tourna et je me senti mal. J'étais choquée, abasourdie.
- Impossible murmurai-je impossible. J'étais à peine audible.
Elodie me secoua le bras, voyant bien que quelque chose ne tournait pas rond.
Même si j'avais envie de lui répondre que tout allait bien, je n'en avais pas la force. Je ne parlais pas et restais là bouche bée dans le couloir blanc et crasseux du lycée.
- Lylou, ça va pas. Me disait-elle.
- Lylou ?!
Oui, je sais tu attends une réponse disais-je dans ma tête mais, ces 3 personnes, ce sont les gens qui m'ont déçus, qui m'ont détruite et qui m'ont apprit ce qu'était la réelle souffrance. Ce sont eux. Ma meilleure amie, son ami et mon ancien ami... Ceux qui sont partis sans raisons, ceux qui m'ont blessé et insulté... Je les aimais et eux on disparus du jour au lendemain. Mes parents m'ont apprit que leur avion avait été scratché et que leurs parents et eux même y avaient laissé leur vie. Et là, ils étaient là, tous les 3, souriants et riants aux éclats et moi, 5 ans auparavant, ils m'avaient laissé seule avec ma peine... Je pensais... Et puis je repris mes esprits...
- Non euh non, c'est rien, ne t'inquiète pas, j'ai eu une absence...
Je mentais, mais il le fallait. Je n'avais jamais parlé d'eux, à personne depuis 5 ans, depuis mon arrivée dans cette ville qu'est Paris. J'avais refait ma vie et les avais laissé dans un tiroir de ma mémoire. Hors, ils revenaient... Leurs sourires semblaient me dire : "On est revenu, t'as vu".
Ils étaient là et leur présence avaient éveillé en moi une douleur profonde et incalculable tellement celle-ci était forte. J'avais le coeur noué. Tout ça, n'avait été qu'un jeu pour eux, mais pas pour moi. Cette période de ma vie ressemblait à une ville après la guerre, complètement détruite et déserte. On avait joué avec mon coeur, on l'avait laissé tomber, on l'avait déchiré, écorché, planté, cloué, écrasé... Si je revivais ça, j'allais mourir, mon coeur était de cristal. Je les croyais morts, je croyais qu'ils me détestaient et là ils étaient là et me souriaient.
J'avançais doucement dans la salle. J'étais pensive, mal dans ma peau. La cicatrice de mon coeur se réouvrit. J'avais mal et je sentais mon coeur s'affoler, le sang montait dans mon visage, mes jambes tremblaient et mon ventre se tordait.
J'allais passer une année d'enfer, au sens propre du terme. J'avais un prof principal qui me haïssais, ils étaient là...
Je m'assis à côté d'Elodie au troisième rang côté fenêtre. Eux étaient à l'opposé de moi.
Si j'arrivais à survivre cette année. Je survivrai à tout dans ma vie sans peines, ni douleurs. Je devrais les affronter, affronter mon passé et mes déchirures. Me replonger dans le néant qu'avait était ma vie...